Affichage des articles dont le libellé est son. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est son. Afficher tous les articles

jeudi 27 février 2014

L'usage sonore du monde (24)


Ne pas avoir mentionné la publication du dernier disque de Marc et Olivier Namblard jusqu'à présent est un crime tant leurs prises de sons naturalistes dans les Cévennes sont fascinantes. Différentes captations de milieux, d'animaux, de phénomènes géophoniques y sont présentées et contribuent à une réflexion sur le paysage des Cévennes. Comme souvent avec les disques des Namblard, la distance entre le monde "sauvage" et l'homme est réduite par l'acte de l’enregistrement. Pour ne citer qu'un exemple parmi d'autres, on se retrouve ainsi, avec un peu d'imagination et les oreilles grandes ouvertes, au centre d'une carcasse dévorée par un groupe de vautours fauves et moines. Et on a rarement entendu le déferlement de la vie avec autant de puissance... Le double album est édité chez Kalerne.
Pour les personnes mobiles, curieuses et belges, Marc Namblard présentera ses travaux sonores et sa vision de l'audionaturalisme ce vendredi 28 février au "Point Culture" à Bruxelles, dans le cadre de la Semaine du son. Plus d'infos ici. Marc Namblard se produira également le samedi 1 mars au "Point Culture" de Liège à 18.00 (voir ici).
Pour rappel, on avait interviewé le monsieur il y a quelques temps. A lire .

samedi 10 novembre 2012

L'usage sonore du monde (12)

 

Soundwalkers, un documentaire de Raquel Castro sur le son, le field recording et l'importance de l'écoute. Présentation sur le site, de plus en plus riche, des Sounds of Europe.

jeudi 19 juillet 2012

L'usage sonore du monde (1)


Pour précéder et accompagner la sortie de Field Recording. L'usage sonore du monde en 100 albums (le 15 novembre aux éditions Le mot et le reste), on publiera ici des extraits de livres, chroniques et interviews 'inédits'. Il est en effet clair pour nous qu'arrivé à un certain point, on peut (et on doit ?) toujours aller plus loin.
Débuter cette série avec quelques extraits du Journal de Henry David Thoreau, dont le premier volume d'une édition intégrale est paru cette année chez Finitude, semble opportun. Celui qui avait décidé d'aller vivre dans les bois à Walden montre souvent dans ses écrits une grande sensibilité aux mouvements et à la vie du paysage, y compris les sons de la nature. Quantité de notes relatives au chant des oiseaux et des insectes, au vent et à l’écoulement des eaux, émaillent ce journal passionnant. On en livre quelques exemples ci-dessous non sans rappeler que Le mot et le reste a publié divers ouvrages de Thoreau dont une nouvelle traduction de son classique Walden ou la vie dans les bois en 2010.

"5 décembre 1837
HARPE DE GLACE
Mon ami me dit qu'il a découvert un nouveau son dans la nature, qu'il appelle la Harpe de glace. Par hasard, il a lancé une poignée de cailloux sur la mare là où la glace retenait une cloche d'air - la glace lui a joué une agréable musique.
A l'intérieur réside une dixième muse - et comme c'est lui qui l'a découverte, la nouvelle mélodie est probablement en lui."


"6 mars 1838
Comment un homme peut-il rester assis à se couper les ongles, tandis que la terre tourne au milieu de la musique assourdissante des sphères, et le fait tournoyer autour de son axe sur vingt-quatre mille miles d'un soleil levant à l'autre ? et surtout l'entraîne sur les deux millions de miles de son orbite réelle ? Et avec un tel vacarme à la surface de la terre - le vent qui souffle sans cesse, tantôt un zéphyr, tantôt un ouragan - l'Océan jamais immobile, toujours en mouvement - aucun répit pour le Niagara, mais un ramdam perpétuel sur les rochers calcaires - sans parler de ce frémissement de l'été auquel nos oreilles sont habituées, mais qu'on baptiserait autrement "confusion pire que la confusion", mais qu'on appelle maintenant ironiquement "silence audible" - et par-dessus tout, ce trafic incessant que l'on appelle le bourdonnement du travail - les allées et venues hâtives et le jacassement confus des hommes. L'homme peut-il faire moins que de se lever et se ressaisir ?"


"2 septembre 1838
MUSIQUE DES SPHÈRES
Les coqs chantent des airs dont nous ne nous lassons jamais. Certains trouvent de l'agrément dans la mélodie des oiseaux et le cricri des grillons - et même dans le chant des grenouilles. La plupart des hommes perçoivent ces sons si ténus malgré les larmes, les plaintes et les grincements de dents qui, chez nous, profanent le Jour du Seigneur. - Somme toute, la plainte émise par la Terre est un son très faible, d'un volume infiniment supérieur à ses crépitements de joie et à ses murmures jubilatoires - de sorte que nous pouvons espérer que le prochain aéronaute s'élèvera au-dessus des plus culminants de tous les sons discordants, jusque dans la région des mélodies pures. - Jamais la plainte n'a été aussi bruyante, mais elle a semblé s'estomper dans une mélodie perçante et une note de joie - qui ne s'est guère attardée dans le limon de la vallée."


"16 juillet 1840
Les sons nous délaissent autant que les images, les senteurs ou les saveurs - ainsi de l'aboiement d'un chien entendu dans les bois à minuit, ou même des sonnailles qui accompagnent l'aube. 
Alors que ce matin je cueillais des mûres à la lumière des étoiles, le lointain jappement d'un chien a touché mon oreille tout comme la froide brise caresse ma joue."



mardi 7 février 2012

Paléoaudionaturalisme

.
Un ami m'envoie que des chercheurs ont reconstitué le chant d'un grillon fossile vivant il y a 165 millions d'années : l'Archaboilus musicus. Pour plus d'infos et écouter cette expérience de paléoaudionaturalisme, pour emprunter le mot de l'ami en question, voir ici.
.
Du coup, on se plonge à nouveau dans Le monde des dinosaures, un album étrange et beau de Jean-Luc Hérelle édité chez Frémeaux et Associés. A propos de ce disque, l'éditeur annonçait ceci :
“La publication des ambiances naturelles des dinosaures au jurassique dans la très sérieuse collection bio-acoustique de Frémeaux & Associés (éditeur scientifique de l’acoustique des milieux naturels) pourrait passer pour une mauvaise plaisanterie faite au public et à la presse spécialisée.
Pourtant, le bio-acousticien Jean-Luc Hérelle vous propose bel et bien d’écouter l’iguanodon et le tyranno­saure dans une forêt de séquoias géants du jurassique inférieur (une époque remontant à quelques 200 millions d’années).
La réalisation et la création de cette matière sonore est fondée sur des découvertes scientifiques récentes sur le lien de descendance entre les dinosaures et les oiseaux actuels et sur les modélisations de dinosaures réalisées par les paléontologues grâce à l’ensemble des découvertes scientifiques opérées depuis le XIXe siècle.
La similitude de l’appareil respiratoire des dinosaures avec celui des oiseaux permet de réaliser des simulations de souffles et de cris sur des animaux infiniment plus gros en réduisant la hauteur des fréquences par la vitesse de l’enregistrement afin de proposer une estimation plausible de ce qu’ont pu être leurs cris. Frémeaux & Associés présente le travail interprétatif, mais néanmoins fondé scientifiquement de Jean-Luc Hérelle, qui propose au grand public de tout âge une véritable immersion sonore dans la préhistoire.”
.