samedi 19 mai 2012

Mnémotourisme (3)



Le 19 mai est une date particulière pour les amateurs de chants d'oiseaux. Le 19 mai 1924, il y a 88 ans aujourd'hui, la BBC transmet en direct une performance de la violoncelliste anglaise Beatrice Harrison dans un jardin d'Oxted. Là, en plein air, elle joue du Dvorak et du Rimsky-Korsakov tandis que les rossignols chantent autour d'elle, réagissant soi-disant aux sons de l'instrument ! Il s'agit de la première fois aussi où des oiseaux sauvages sont enregistrés et diffusés. Ce programme marque tant les esprits que chaque année le 19 mai (même après le déménagement de la musicienne en 1936), la BBC retourne sur place pour y mener à bien une séance similaire. Un des disques issus de ces concerts peut être écouté ici.
Pour l'anecdote, c'est ainsi que le 19 mai 1942 est enregistré de façon impromptue le passage de cent nonante-sept avions de guerre en route pour bombarder Mannheim. Ce document sonore unique (audible ) croise ainsi intérêt pour les oiseaux et grande histoire...

Madame


Tenter de tuer des écureuils alors qu'on tire dans le pied de l'Histoire.

mardi 15 mai 2012

Mnémotourisme (2)



Contempler les étoiles, c'est se confronter à une mémoire visible.
Combien d'étoiles mortes pour se brûler la gueule ?

 Ci-dessus, une carte de l'atlas de Dunhuang, le plus ancien atlas céleste conservé, daté du 7e siècle et découvert en 1900 dans le monastère bouddhique des Caves de Mogao (pour en savoir plus, c'est ici).
Et en-dessous, la constellation du Triangle, car c'est par là qu'il faut aller.

dimanche 13 mai 2012

Mickeymousing

 

 

Fasciné par les expérimentations visuelles et sonores de certains Walt Disney des années 1920 et 1930, on découvre le mickeymousing, un procédé qui d'après le théoricien et musicien Michel Chion "consiste à accompagner les actions et les mouvements survenant dans les images du film par des figures et des actions musicales exactement synchrones, qui peuvent en réaliser en même temps le bruitage, stylisé et transposé, en notes musicales." (Le son au cinéma, 1985, PP. 105-106). En clair, ces vidéos décoiffent.

samedi 12 mai 2012

Une bouteille à la mer


Si un jour je devais composer un album, ses sons seraient uniquement issus de la dérive de bouteilles jetées à la mer. Ce serait un album d'espoir et de hasard, d'errance et de patient oubli. En attendant, j'ai fait une grosse vaisselle. On brave les flots qu'on peut.

lundi 7 mai 2012

Vers les cimes (20)


Il est fascinant de voir grandir ses enfants et parfois, d'imaginer ce qui se passe dans leur esprit. Tenter de comprendre leurs sensations, leurs peurs, leurs espoirs constitue une voie d'accès possible à la remembrance de nos propres premières expériences. On en a lu plusieurs des récits d'enfance, mais celui-ci est sans nul autre pareil, tant son écriture parvient à réveiller ce continent perdu qui est notre passé, notre pays, notre enfance : Rosie ou le goût du cidre. Une enfance dans les Cotwolds de l'Anglais Laurie Lee (1959), auteur dont on avait lu les très beaux souvenirs dans Un beau matin d'été (1969). On en livre ici les premières phrases, en manière d'hommage à nos héros de petite taille, présents et à venir.

"A l'âge de trois ans, je fus déposé de la carriole du transporteur, et ma vie au village commença dans la terreur et le désarroi.
L'herbe de juin, partout, était plus haute que moi, et je pleurais. Je n'avais jamais vu l'herbe d'aussi près. Elle me dominait et m'entourait, chaque brin tatoué comme la peau d'un tigre par le soleil. Elle était coupante, sombre, d'un vert mauvais, aussi épaisse qu'une forêt et pleine de criquets qui, dans un bruit de crécelle, fendaient l'air d'un bond comme des singes.
J'étais perdu et ne savais où aller. Du sol montaient une chaleur tropicale et une forte odeur prégnante de racines et d'orties. De blancs nuages de sureau s'accumulaient dans le ciel, déversant sur moi de floconneuses et suffocantes vapeurs qui me donnaient le vertige. Loin au-dessus de ma tête, s'élançaient des alouettes qui s'enivraient de chants, comme si le ciel se déchirait.
Pour la première fois de ma vie, j'étais hors de vue des humains. Pour la première fois de ma vie, j'étais seul dans un monde que je pouvais pas sonder et dont je ne pouvais prévoir les réactions : un monde d'oiseaux qui piaillaient, de plantes qui puaient, d'insectes qui sautaient partout sans prévenir. J'étais perdu, sûr qu'on ne me retrouverait jamais. Jetant la tête en arrière, je me mis à hurler et le soleil me cogna en pleine figure comme une brute."

La photo ci-dessus montre Slade (vers 1908), le petit village anglais où arrive le narrateur durant la première guerre mondiale.

vendredi 4 mai 2012

Oiseau-lyre



On étudie l'oiseau-lyre (ou ménure).
Cet oiseau australien a le talent incroyable de savoir imiter le cris et chants d'un grand nombre d'espèces animales, mais aussi de bruits d'origine humaine (moteurs, tronçonneuses...).
Pour une fois, ce n'est pas l'homme qui s'inspire de la nature. 
Deux disques de référence :
Peter Bruce, The Lyrebird. A documentary study of its song (Folkways, 1966)
Remy Bruckert, Le mystère de l'oiseau-lyre (Auvidis, 1997)