vendredi 1 octobre 2010

The Magic Sun

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Hier, j'ai eu un de mes chocs visuels de l'année en voyant enfin le court métrage The Magic Sun, filmé en 1966-68 par Phill Niblock. Sur une musique belle et envoutante du Sun Ra and his Arkestra (très bonne période), Niblock a filmé les musiciens en train de jouer. Je pourrais m'arrêter là, mais cela ne dirait rien de la force du travail du réalisateur. En effet, comme il le fera plus tard pour The Movement of People Working, Niblock focalise son attention sur les gestes des musiciens en usant d'un cadrage serré. Sa caméra est tellement proche des mains et autres instruments que ces derniers en deviennent abstraits. En travaillant avec une lumière forte ou avec le négatif de la pellicule, il accentue encore l'aspect irréel de ce qui se déroule sous nos yeux. L'interprétation n'est dès lors plus que le prétexte pour jouer avec le mouvement et la lumière. Pour l'anecdote, Niblock a d'ailleurs filmé chacun des musiciens l'un après l'autre sur la même chaise : on ne peut dès lors plus parler d'une "interprétation de groupe". En tout cas, le mystère de ces images reste intact et rend hommage à ces deux pionniers que sont Sun Ra et Niblock. Le film est visible dans son intégralité ici, mais c'est encore mieux de se procurer le DVD Phill Niblock. Six Films, édité par l'excellent label Die Schachtel.
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2 commentaires:

johancolin a dit…

Fantastique ! Je ne connais pas très bien Sun Ra. J'étais tombé sur des enregistrements qui ne m'avaient pas trop convaincu. Là en revanche c'est vraiment le coup de coeur.

Le film en lui même est splendide. Le noir et blanc hyper contrasté, le cadrage serré à la limite de l'abstraction... Tout cela vient renforcer le côté onirique et nocturne de la musique.

Je ne savais pas que Phill Niblock était réalisateur. Je ne le connaissais que musicien mais je n'ai toujours pas écouté sa musique. Cela fait pourtant un bout de temps que je dois le faire.

Merci pour cette belle découverte.

Jean Dezert a dit…

Aaaaahhh, Sun Ra. Pleins de pépites dans une discographie énorme. Pour commencer, peut-être Sleeping Beauty (1979), Landiquity (1978) et les deux compilations de Singles ?
Et Phill Niblock, très fort volume, vibrations, le coffret Touch Three, monumental.