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jeudi 24 février 2011

Concerts le 4 mars à l'An vert

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Ce vendredi 4 mars à l'An vert (Liège, Rue Mathieu Polain 4) aura lieu une soirée de concerts à ne pas manquer :

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Christine Sehnaoui (Liban, saxophone), Andrea Neumann (Allemagne, cadre de piano préparé) et Bonnie Jones (USA, électronique) figurent parmi les musiciennes les plus en vue de l’improvisation actuelle. En tissant sonorités acoustiques et électroniques, elles élaborent une musique vibrante toute en tensions et surprises. Multipliant chacune les collaborations dans le monde entier, leur rencontre à l’An vert sera une occasion rare de les voir jouer ensemble.

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Soirée de contrastes car nous recevrons également Stranded Horse, de son vrai nom Yann Tambour. Ce dernier a abandonné l’électricité orageuse de son projet Encre pour se consacrer à la pratique de la Kora, cet instrument à cordes africain. Ses deux albums de folk lumineux imprégnés de blues malien évoquent de grands espaces. Une bonne occasion de sortir de la mélancolie hivernale.

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Il y aura de la musique dansante et croustillante après les concerts. La PAF est fixée à 7 euros. Les portes ouvriront à 20.00, ne tardez pas, les concerts commenceront tôt.
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lundi 31 janvier 2011

De la kora et de l'électronique

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Bientôt plus d'infos. Merci à Jérôme pour l'affiche.
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mercredi 26 août 2009

Objets, sons et écoute

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Olivier Toulemonde est un musicien improvisateur français qui réside actuellement à Bruxelles. La curiosité, la liberté de pratique et la capacité d'écoute qui l'animent l'ont notamment amené à abandonner son premier instrument, le saxophone, pour divers objets quotidiens (fouets de cuisine, verres en plastique, blocs de polystyrène, billes, plateaux, antennes CB, ressorts...) dont il exploite les propriétés acoustiques avec une grande inventivité. Parfois, il emploie un ensemble électroacoustique composé de longs ressorts et de fils tendus. Il s'investit enfin dans l'enregistrement de terrain (il a d'ailleurs animé un stage dernièrement pour l'Association vu d'un Oeuf).
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On a déjà croisé sa route plusieurs fois : à Liège avec la saxophoniste Christine Sehnaoui et le tromboniste Mathias Forge (on en parlait ici), mais aussi l'année passée au festival NPAI pour une performance fascinante : Sismographe. Pour cette dernière, le musicien exploite les nombreuses et subtiles variations sonores de divers objets, tandis que, dans la pénombre, la danseuse Yukiko Nakamura, tel un spectre lent et possédé, passe à travers la foule inquiète, se contorsionne et s'étale, nue et fragile. La scène est également rythmée par la projection successive sur tous les murs de la salle des signes abstraits tracés au fur et à mesure par le dessinateur Nicolas Desmarchelier. Un ballet captivant durant lequel pour reprendre leurs propres mots :
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"L’un projette le son, l’une est corps, l’autre dessine.
Du son au trait, le geste oscille.
Interférence et confusion des signes.

L’un, l’une et l’autre autonomes se rejoignent
aux creux des sons,
dans les plis de la peau,
de la page.
Interférence et confusion des signes.
Le geste oscille
."
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Enfin, le samedi 9 août dernier, on l'aura vu à la Cellule 133 (lors d'un concert organisé par Jean-Michel Van Schouwburg) en compagnie de la pianiste Marjolaine Charbin, de Sebastian Lexer (au piano et au laptop) et du saxophoniste Frans Van Isacker. Encore plus que pour les précédents, on aura remarqué pour les sets de cette soirée une volonté d'écoute et d'attente remarquable entre les artistes. L'utilisation iconoclaste du piano, les sons étranges des ustensiles s'interpénètrent petit à petit pour créer un réseau de significations sonores interpellant et touchant à la fois.
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Enfin, je découvre avec beaucoup de plaisir Rocca, enregistré en duo avec la chanteuse Agnès Palier (Creative Sources, 2005). Un album formidable où les improvisations vocales rivalisent d'intensité avec les chuintements, frottements et divers accidents sonores contrôlés de Toulemonde. Souvent, on entend se construire ce qui ressemble à une rage intériorisée, qui peine à être évacuée et qui a du coup des effets toniques sur l'auditeur. Bref, une musique, des sons, c'est comme on le préfère, rares, qui avancent, vivent, expérimentent, sans oublier de toucher les sens.
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A Bruxelles, dans les semaines à venir, Olivier Toulemonde sera en résidence au QO-2 du 1 au 13 septembre et à Zennestraat 17 les 24 et 25 octobre.
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lundi 2 février 2009

Liège, Beyrouth et Ystad

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Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y avait peu de monde pour assister à la performance de Christine Sehnaoui (saxophone), Olivier Toulemonde (objets acoustiques) et Mathias Forge (trombone) ce samedi 31 janvier à l'An vert à Liège. Absence de publicité, désintérêt et/ou absence d'un public liégeois amateur de musiques improvisées... Il est difficile de pointer les causes de ce type de semi-échec qui ne doit malheureusement pas encourager les musiciens et organisateurs de concerts à mouiller leur chemise. Dommage...
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Je parle de semi-échec, car, par bonheur, ces artistes ont la foi et ont malgré tout fait profiter le public présent de leur jeu. Ici, l'approche réductionniste ne signifie jamais apprauvissement du discours musical. Plus que jamais basée sur des principes de tension, l'improvisation alterne micro-évènements, silences et emballements soudains. Les différents objets acoustiques (archet, fouet de cuisine et autres frottés sur divers supports), le trombone et le saxophone sont traités de sorte qu'à l'écoute, il est parfois difficile de les distinguer. Il en résulte une musique-création fascinante.
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Je profite de l'occasion pour acquérir un album qui me fait de l'oeil depuis quelques temps : Beirut-Ystad (Olof Bright, luxueux label dirigé notamment par Mats Gustaffson). Les deux disques qui le composent ont été enregistrés début septembre 2006 lors d'un festival à Ystad en Suède. L'objectif de ce dernier était de réunir la jeune scène libanaise de l'improvisation et des musiciens allemands, danois, hollandais et suédois. Ainsi, aux côtés de certains des musiciens libanais dont il a déjà été question ici, entre autres Christine Sehnaoui (saxophone), Mazen Kerbaj (trompette), Sharif Sehnaoui (guitare), Jassem Hindi (électroniques), Bechir Saadé (clarinette), on retrouve le vétéran Sven-Ake Johansson (percussion), Mats Gustaffson (saxophone), Annette Krebs (guiatre) ou encore le génial inventeur d'instruments Michel Waisvisz (cracklebox).
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Les morceaux présentent ces musiciens selon différentes combinaisons, montrant l'universalité du langage de l'improvisation musicale et une grande diversité de propos. On passe ainsi de climats orageux à la limite du noise à des interventions pointillistes où souffles hoquetés rivalisent avec frottements et autres grincements. A l'écoute, on ressent la reconnaissance et la compréhension immédiates qui ont présidé à ces rencontres. Le festival a eu lieu juste au lendemain du conflit israélo-libanais de 2006, ce qui confére à l'évènement une dimension supplémentaire. Comme l'écrit Bechir Saadé à l'organisateur du festival Thomas Millroth dans un e-mail reproduit dans le carnet du disque : "For us, music is more than ever a message of peace and closeness to our humanity. That's why this coming music will be strong and powerful, will emanate like thunder."
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Le superbe packaging de l'album a été conçu, comme les sorties du label Al-Maslakh, par Mazen Kerbaj.
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lundi 24 novembre 2008

Des cèdres et du souffle


Il faut souligner la très grande qualité des enregistrements du label Al-Maslakh (L’abattoir). Créé en 2005, il a pour but d’initier des rencontres entre jeunes improvisateurs de la scène libanaise, parfois avec des musiciens venus d’autres horizons géographiques. On citera par exemple Gene Coleman, Ingar Zach ou encore Michael Zerang. Le concert de ce dernier avec le célèbre Peter Brötzmann à Beyrouth en 2005 est paru sur le même label et présente un duo saxo-batterie de haute tenue. D’après les notes de la pochette, les musiciens surprirent d’abord l’audience, peu habituée à ce genre d’intense performance, avant de l’entraîner dans leur tornade rythmique et mélodique.

Ce concert était un des évènements du festival Irtijal, un festival international de musique improvisée libre, initiative inédite et remarquable dans le coin, qui a lieu tous les ans et dont les organisateurs sont étroitement liés au label Al-Maslakh. Une idée de destination ? En tout cas, un fameux démenti à une vision d’une région a priori rétive aux musiques aventureuses.

Un des piliers du label est le trompettiste Mazen Kerbaj, connu par ailleurs pour ses activités de dessinateur. Il tient notamment un blog dessiné où est évoqué son quotidien avec beaucoup d’humour. Son album solo BRT VRT ZRT KRT est une vraie merveille où différentes techniques d’utilisation de l’instrument, notamment en conjonction avec divers objets (sourdines et autres), créent une atmosphère très poétique, où les chants d’oiseaux se transforment en rumeurs industrielles et vice versa.


A l’occasion du festival Irtijal 2006, le batteur Michael Zerang (batteur du Peter Brötzmann Chicago Tentet et collaborateur régulier de Mats Gustafsson, Hamid Drake ou encore John Butcher) est retourné à Beyrouth et a participé à une session d’enregistrements avec des musiciens locaux. Cedarhead le voit croiser le fer successivement avec Christine Sehnaoui (saxophone alto), Béchir Saadé (ney), Jassem Hindi (dispositifs électroniques), Mazen Kerbaj (trompette), Raed Yassin (dispositifs électroniques), Sharif Sehnaoui (guitare acoustique) et Charbel Haber (guitare électrique). Chaque duo est l’occasion d’un dialogue-improvisation où la palette de l’instrument est exploitée dans plusieurs registres. Seul le dernier morceau, où Zerang utilise une darbouka, évoque les musiques orientales.


Christine Sehnaoui n’arrête pas de tourner et de multiplier les rencontres, que ce soit avec des pionniers de l’improvisation (on l’a vu par exemple jouer cette année au festival Interact à Hasselt aux côtés du batteur suédois Sven-Ake Johansson, du saxophoniste anglais Evan Parker…), des rockers (The Ex) et bien d’autres. Sur Shortwave (enregistré au GRM à Paris), son partenaire est Michel Waiswisz, un compositeur / performeur de musique électronique live, qui a développé de nouveaux instruments de musique électronique, basés sur le contact avec le corps humain. Décédé récemment, il n’aura pas vécu la sortie de cet album où il utilise « The Hands », des espèces de poignées équipées de micros pouvant créer des boucles et des vibrations que le musicien module selon son envie.
Pour avoir une idée plus concrète de leur collaboration : http://fr.youtube.com/watch?v=AedrvTXBgEA

Remarquons enfin que la ligne graphique du label est très classieuse. Bref, n’hésitez pas à commander ces albums !

Christine Sehnaoui sera en concert en Belgique avec Olivier Toulemonde et Mathias Forge début de l’année prochaine, le 31 janvier à l’An vert à Liège et le 1er février au Q-O2 à Bruxelles.