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vendredi 12 décembre 2014

La danse des possédés (108)



"Boyiawa" Centrafrique - Anthologie De La Musique Des Pygmées Aka. Ocora. Enregistrements : Simha Arom. 1972-1977. 

"Les captations présentées dans cette anthologie ont été prises dans un seul village, celui du vieux chasseur Mbonzo, entre 1972 et 1977. Toutes les activités quotidiennes des Pygmées sont rythmées par le chant. Dès que les enfants apprennent à marcher et à parler, ils commencent à chanter avec leurs aînés. On chante afin de préparer une chasse et une cueillette fructueuses. On chante le mobandi avant d’aller à la recherche de miel dans les arbres de la forêt. On chante des berceuses et des comptines pour les enfants. On chante lors de rituels de divination et de la consécration d’un nouveau campement. On chante tous les jours." 

"Dans la musique comme dans la vie du campement, il n’y a pas de règles hiérarchiques manifestes. Des schémas préétablis et transmis oralement conduisent l’interprétation et assurent la transmission des différentes formes. Moyen d’expression privilégié et très élaboré de ces Aka, les polyphonies vocales sont basées sur la répétition de segments repris indéfiniment avec de nombreuses variations et sur le procédé du yodel, une technique où voix de poitrine et voix de tête alternent. L’effet d’un chœur pygmée, c’est-à-dire du chant de tout un village, peut être renversant : les voix de jeunes, de vieux, d’hommes et de femmes aux timbres différents s’entrelacent et se fondent les unes dans les autres dans un flux aux magnifiques subtilités mélodiques et rythmiques. Comme exemple marquant de cette anthologie aux nombreux trésors, il nous faut citer un chant de déploration d’un défunt, le très émouvant Boyiwa. Lors de son décès, le mort est immédiatement préparé puis allongé sur une natte. Tous les villageois viennent alors s’asseoir autour de lui et entonnent une polyphonie d’une tristesse sereine à la beauté dévastatrice."

jeudi 1 mai 2014

La Naissance de la Musique


"Derrière moi, sous un tas de feuilles suspendues à des branches qui font office de dais, on vient d'étendre le corps gonflé et noir d'un chasseur mordu par un crotale. Fray Pedro dit que la mort remonte à plusieurs heures. Cependant, le Sorcier se met à secouer une calebasse pleine de petits graviers, seul instrument que ces gens connaissent pour tâcher d'éloigner les mandataires de la Mort. Il se fait un silence rituel, annonciateur des formules magiques, qui porte à son comble l'expectative générale. Alors, dans la vaste forêt qui s'emplit de terreurs nocturnes, la Parole surgit. Une parole qui est désormais plus que simple parole, qui prend la voix de celui qui exprime et celle qu'on attribue aussi à l'esprit du cadavre. L'une sort de la gorge du rebouteur ; l'autre, de son ventre. L'une est grave et confuse tel un bouillonnement de lave souterrain ; l'autre, au timbre moyen, est coléreuse et criarde. Elles alternent et se répondent. L'une menace quand l'autre gémit ; celle du ventre devient sarcasme quand celle qui surgit du gosier devient pressante. On entend des espèces de portamenti gutturaux, qui se prolongent en hurlements ; des syllabes qui soudain se répètent beaucoup, finissant par créer un rythme ; il y a des trilles soudain coupés par quatre notes qui sont l'embryon d'une mélodie. Puis c'est la vibration de la langue entre les lèvres, un mugissement rentré, un halètement à contre-mesure, sur la calebasse. C'est quelque chose qui se place bien au-delà du langage et qui cependant est encore très loin du chant. quelque chose qui ignore la vocalise, mais est déjà plus que le mot. Ces cris sur un cadavre entouré de chiens muets deviennent vite horribles et effrayants. Le sorcier le prend à partie maintenant, vocifère, frappe le sol de ses talons, dans une crise de fureur imprécatoire qui est, déjà, la vérité profonde de toute tragédie, tentative primordiale de lutte contre les puissances de destruction qui se mettent en travers du calcul des hommes. J'essaye de rester en dehors, de garder les distances. Mais je ne puis me soustraire à l'horrible fascination que cette cérémonie exerce sur moi... Devant l'obstination de la Mort, qui refuse de lâcher sa proie, la Parole mollit, se décourage. Dans la bouche du Sorcier, du rebouteur orphique, le Thrène - car c'est un thrène que j'entends - râle et s'affaisse convulsivement et me laisse ébloui sous le coup d'une révélation : je viens d'assister à la Naissance de la Musique."

Extrait de : Alejo Carpentier, Le partage des eaux, 1956.

mercredi 2 avril 2014

La danse des possédés (89)



Dans le train, un homme agite quelques papiers d'un air nerveux. Il a rendez-vous à la capitale. Espère-t-il obtenir un travail, défendre ses droits ou ceux d'une cause, rencontrer un supérieur mécontent ? L'heure n'est en tout cas pas à la fête. Ses cheveux tombent et les tâches de transpiration à ses aisselles s'étendent. On a rarement l'occasion de voir un homme se liquéfier de la sorte devant soi. Et cela ne m'amuse guère, je vais devoir me résoudre à dire quelque chose. D'un coup, il se ressaisit et fouille dans son sac avant d'en sortir L'art de la guerre de Sun Tzu, commence à le lire, et d'une flaque, il devient un soldat. Et il m'annonce : "L'art de la guerre, c'est de soumettre l'ennemi sans combat." C'est fou tout ce qu'il se passe dans un train. 
En avant.

mercredi 30 mai 2012

Vers les cimes (21)


Lors de ma présentation du field recording à des enfants hier fin de journée, j'ai diffusé plusieurs extraits de chants de cigales. Après coup, j'ai eu envie d'aller me plonger dans les Souvenirs entomologiques de Jean-Henri Fabre (1823-1915), grand entomologiste français, également précurseur de l'éthologie. Ses nombreux textes sur les insectes (repris dans deux volumes édités dans la collection Bouquins), s'ils ne sont plus toujours d'actualité au point de vue scientifique, n'en présentent pas moins une manière d'écrire sur le monde animal qui ferait pâlir nombre de romanciers. Victor Hugo l'avait d'ailleurs surnommé "l'Homère des insectes"... 
Ci-dessous, on trouvera un extrait à propos du chant des cigales. L'entièreté du texte (et bien d'autres) est lisible ici. On y apprend notamment comment faire chanter une cigale morte (dans le passage souligné en gras), ce qui est bien le moins avec l'été qui vient.
 
"De son propre aveu, Réaumur n'a jamais entendu chanter la Cigale ; il n'en a jamais vu de vivante. L'insecte lui arrivait des environs d'Avignon dans de l'eau-de-vie chargée de sucre. En ces conditions, suffisantes pour l'anatomiste, pouvait se donner une exacte description de l'organe sonore. Le maître n'y a pas manqué : son oeil clairvoyant a très bien démêlé la structure de l'étrange boîte à musique, si bien que son étude est devenue la source où puise quiconque veut dire quelques mots sur le chant de la Cigale.
Après lui la moisson est faite ; restent seuls à glaner quelques épis dont le disciple espère faire une gerbe. J'ai à l'excès ce qui manquait à Réaumur : j'entends bruire plus que je ne le désirerais l'étourdissant symphoniste ; aussi obtiendrai-je peut-être quelques vues nouvelles en un sujet qui semble épuisé. Reprenons donc la question du chant de la Cigale, ne répétant des données acquises que le nécessaire à la clarté de mon exposition.
Dans mon voisinage, je peux faire récolte de cinq espèces de Cigales, à savoir : Cicada plebeia Lin. ; Cicada orni Linn. ; Cicada hermatodes Lin. ; Cicada atra Oliv. ; et Cicada pymoea Oliv. Les deux premières sont extrêmement communes ; les trois autres sont des raretés, à peine connues de gens de la campagne. La Cigale commune est la plus grosse des cinq, la plus populaire et celle dont l'appareil sonore est habituellement décrit.
Sous la poitrine du mâle, immédiatement en arrière des pattes postérieures, sont deux amples plaques semi-circulaires, chevauchant un peu l'une sur l'autre, celle de droite sur celle de gauche. Ce sont les volets, les couvercles, les étouffoirs, enfin les opercules du bruyant appareil. Soulevons-les. Alors s'ouvrent, l'une à droite, l'autre à gauche, deux spacieuses cavités connues en Provence sous le nom de chapelle ( li capello ). Leur ensemble forme l'église (la glèiso). Elles sont limitées en avant par une membrane d'un jaune crème, fine et molle ; en arrière par une pellicule aride, irisée ainsi qu'une bulle de savon et dénommée miroir en provençal (mirau).
L'église, les miroirs, les couvercles sont vulgairement considérés comme les organes producteurs du son. D'un chanteur qui manque de souffle, on dit qu'il a les miroirs crevés (a li mirau creba). Le langage imagé le dit aussi du poète sans inspiration. L'acoustique dément la croyance populaire. On peut crever les miroirs, enlever les opercules d'un coup de ciseaux, dilacérer la membrane jaune antérieure, et ces mutilations n'abolissent pas le chant de la Cigale ; elles l'altèrent simplement, l'affaiblissent un peu. Les chapelles sont des appareils de résonance. Elles ne produisent pas le son, elles le renforcent par les vibrations de leurs membranes d'avant et d'arrière ; elles le modifient par leurs volets plus ou moins entr'ouverts.
Le véritable organe sonore est ailleurs et assez difficile à trouver pour un novice. Sur le flanc externe de l'une et de l'autre chapelle, à l'arête de jonction du ventre et du dos, bâille une boutonnière délimitée par des parois cornées et masquée par l'opercule rabattu. Donnons-lui le nom de fenêtre. Cette ouverture donne accès dans une cavité ou chambre sonore plus profonde que la chapelle voisine, mais d'ampleur bien moindre. Immédiatement en arrière du point d'attache des ailes postérieures se voit une légère protubérance, à peu près ovalaire, qui, par sa coloration d'un noir mat, se distingue des téguments voisins, à duvet argenté. Cette protubérance est la paroi extérieure de la chambre sonore.
Pratiquons-y large brèche. Alors apparaît à découvert l'appareil producteur du son, la cymbale. C'est une petite membrane aride, blanche, de forme ovalaire, convexe au dehors, parcourue d'un bout à l'autre de son grand diamètre par un faisceau de trois ou quatre nervures brunes, qui lui donnent du ressort, et fixée en tout son pourtour dans un encadrement rigide. Imaginons que cette écaille bombée se déforme, tiraillée à l'intérieur, se déprime un peu, puis rapidement revienne à sa convexité première par le fait de ses élastiques nervures. Un cliquetis résultera de ce va-et-vient.
Il y a une vingtaine d'années, la capitale s'était éprise d'un stupide jouet appelé criquet ou cri-cri, si je ne me trompe. C'était une courte lame d'acier fixée d'un bout sur une base métallique. Pressée et déformée du pouce, puis abandonnée à elle-même, tour à tour, ladite lame, à défaut d'autre mérite, avait un cliquetis fort agaçant : il n'en faut pas davantage pour captiver les suffrages populaires. Le criquet eut ses jours de gloire. L'oubli en a fait justice, et de façon si radicale que je crains de ne pas être compris en rappelant le célèbre engin.
La cymbale membraneuse et le criquet d'acier sont des instruments analogues. L'un et l'autre bruissent par la déformation d'une lame élastique et le retour à l'état primitif. Le criquet se déforme par la pression du pouce. Comment se modifie la convexité des cymbales ? Revenons à l'église, et crevons le rideau jaune qui délimite en avant chaque chapelle. Deux gros piliers musculaires se montrent, d'un orangé pâle, associés en forme de V, dont la pointe repose sur la ligne médiane de l'insecte, à la face inférieure. Chacun de ces piliers charnus se termine brusquement en haut, comme tronqué, et de la troncature s'élève un court et mince cordon qui va se rattacher latéralement à la cymbale correspondante.
Tout le mécanisme est là, non moins simple que celui du criquet métallique. Les deux colonnes musculaires se contractent et se relâchent, se raccourcissent et s'allongent. Au moyen du lien terminal, elles tiraillent donc chacune sa cymbale, la dépriment et aussitôt l'abandonnent à son propre ressort. Ainsi vibrent les deux écailles sonores.
Veut-on se convaincre de l'efficacité de ce mécanisme ? Veut-on faire chanter une Cigale morte, mais encore fraîche ? Rien de plus simple. Saisissons avec des pinces l'une des colonnes musculaires et tirons par secousses ménagées. Le cri-cri mort ressuscite ; à chaque secousse bruit le cliquetis de la cymbale. C'est très maigre, il est vrai, dépourvu de cette ampleur que le virtuose vivant obtient au moyen de ses chambres de résonance ; l'élément fondamental de la chanson n'en est pas moins obtenu par cet artifice d'anatomiste.
Veut-on, au contraire, rendre muette une Cigale vivante, obstinée mélomane qui, saisie, tourmentée entre les doigts, déplore son infortune aussi loquacement que tantôt, sur l'arbre, elle célébrait ses joies ? Inutile de lui violenter les chapelles, de lui crever les miroirs : l'atroce mutilation ne la modérerait pas. Mais, par la boutonnière latérale que nous avons nommée fenêtre, introduisons une épingle et atteignons la cymbale au fond de la chambre sonore. Un petit coup de rien, et se tait la cymbale trouée. Pareille opération sur l'autre flanc achève de rendre aphone l'insecte, vigoureux d'ailleurs comme avant, sans blessure sensible. Qui n'est pas au courant de l'affaire reste émerveillé devant le résultat de mon coup d'épingle, lorsque la ruine des miroirs et autres dépendances de l'église n'amène pas le silence. Une subtile piqûre, de gravité négligeable, produit ce que ne donnerait pas l'éventrement de la bête."
 

vendredi 4 mai 2012

Oiseau-lyre



On étudie l'oiseau-lyre (ou ménure).
Cet oiseau australien a le talent incroyable de savoir imiter le cris et chants d'un grand nombre d'espèces animales, mais aussi de bruits d'origine humaine (moteurs, tronçonneuses...).
Pour une fois, ce n'est pas l'homme qui s'inspire de la nature. 
Deux disques de référence :
Peter Bruce, The Lyrebird. A documentary study of its song (Folkways, 1966)
Remy Bruckert, Le mystère de l'oiseau-lyre (Auvidis, 1997)

mercredi 6 avril 2011

Une vague au sein de la forêt

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Un stock de CD de Jean C. Roché à prix réduit m'attendait à quelques centaines de mètres de chez moi. J'ai foncé et me suis procuré les Ambiances sonores de Papouasie. Dans un premier temps... J'ai d'abord rencontré le travail de Roché, ce fameux ornithologue pionnier de l'écologie sonore, via des K7 recueillant nombre de chants de volatiles de nos régions. A l'époque, j'écoutais religieusement ce travail pédagogique qui m'apprenait à reconnaître cris et chants lors de mes balades. Pendant des années, j'ai presque oublié Jean C. Roché et ses enregistrements captés dans le monde entier, jusqu'au jour où j'ai vu I never promise you a rose garden, le documentaire consacré par Sub Rosa à la discothèque de David Toop. Là, entre du John Cage et de la musique de cour coréenne, Toop nous faisait écouter le chant étrange et beau d'oiseaux du Venezuela captés par... Jean C. Roché. Du coup, je me suis à nouveau intéressé au travail de ce dernier avec grand plaisir, d'autant que ses parutions sur disques ou K7 sont très, très nombreuses.
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Les Ambiances sonores de Papouasie nous présentent, entre autres, les chants de l'Oiseau à berceaux papou (Archboldia papuensis, en dessous sur le timbre) et de l'Oiseau-jardinier à huppe orange (Amblyornis subularis, dessin au-dessus). Un extrait du livret donnera peut-être envie d'écouter ces disques :
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"Les concerts 4 et 5 constituent un bref aperçu des productions sonores étonnantes de deux Oiseaux à berceaux lors de leurs parades nuptiales. Pour séduire la femelle, parader et s'accoupler, les mâles édifient une construction de brindilles qu'ils décorent d'objets colorés divers (souvent des baies et des coquilles d'escargots) et qui, selon les espèces, peut prendre la forme d'un tunnel, d'un mât, ou d'une hutte. Autour de son œuvre, qui peut être réutilisée plusieurs années, le mâle effectue une chorégraphie complexe accompagnée de chants et de "bruits" étranges."
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Un autre extrait, ici à propos d'un concert nocturne à Wau :
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"Sur la rumeur fluctuante des criquets et des cigales se détachent les chants de la Ninox brune et de l'Engoulevent elphe, puis les coassements d'un amphibien. C'est le domaine des insectes. Plus de 600 espèces peuvent être recensées en une seule nuit. Les cigales peuvent atteindre 15 cm de longueur. Leur stridulation, d'abord timide, s'élève lentement puis s'amplifie en un vacarme qui perce les tympans. La marée sonore peut s'arrêter subitement comme elle est venue, ou se dérouler comme une vague au sein de la forêt."
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On peut trouver les différents disques de Jean C. Roché ici.
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mardi 8 février 2011

Le chant des oiseaux

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Je réagis au commentaire de ma publication précédente pour mettre en avant ce curieux et charmant chant publié à Paris en 1528 : Le chant des oiseaux de Clément Janequin. Plusieurs chansons de ce religieux montrent une démarche qui peut nous sembler aujourd'hui expérimentale, mais qui correspond à l'époque à une logique d'imitation de la nature que l'on retrouve dans d'autres arts. La volonté descriptive de Janequin se manifeste dans son utilisation d'onomatopées censées reproduire divers bruits de la nature et de l'activité humaine. C'est ainsi qu'il a également composé des chansons intitulées Les cris de Paris, La guerre ou la Bataille de Marignan.
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Cette démarche relève bien évidemment d'autres raisons que celles qui ont présidé à la naissance de la poésie sonore au 20e siècle, mais elle en constitue un préalable intéressant. Inutile de préciser que les oiseaux ont inspiré à de nombreuses reprises les compositeurs classiques, et ce bien avant Olivier Messiaen et son Catalogue d'oiseaux (1956-1958). Pour citer encore des "anciens", on peut mentionner par exemple plusieurs pièces pour clavecin de François Couperin (Les fauvettes plaintives, Les linottes effarouchées, etc.) ou encore des concertos pour violon d'Antonio Vivaldi (Le coucou, Le chardonneret). Comme illustration un rien ironique, j'ai choisi la Nature morte d'une perdrix et d'une paire de gants peinte en 1504 par Jacopo de Barbari (Munich, Alte Pinakothek). Je retourne étudier mes compilations de Jean C. Roché.
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