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mardi 24 mars 2015

Filmer les sans-noms #2





Ce dimanche 5 avril, à 20.30, le Cercle du Laveu accueillera le réalisateur Pierre-Yves Vandeweerd pour une projection exceptionnelle à Liège de son dernier film Les tourmentes (2014), tourné en Lozère. Cette deuxième séance du cycle Filmer les sans-noms sera l'occasion d'apprécier la manière dont le cinéma peut honorer la mémoire des égarés et pister des traces infimes, symptômes ou manifestations d'une présence, dans le paysage et dans l'histoire.
Le film, qui n'a pas encore été montré à Liège, a été diffusé dans de nombreux festivals à travers le monde et a reçu divers prix (Visions du Réel 2014 – Mention spéciale du Jury ; Festival Filmmaker – Grand Prix de la compétition internationale ; Rencontres internationales du documentaire de Montréal – RIDM – Prix de l’Image...).

"La tourmente est une tempête de neige qui désoriente et égare. Elle est aussi le nom donné à une mélancolie provoquée par la dureté et la longueur des hivers.
Là où souffle la tourmente, des hommes érigèrent des clochers pour rappeler les égarés. Et des bergers, au gré de leurs transhumances, usèrent de leurs troupeaux pour invoquer des âmes perdues ou oubliés.
Guidé par les sonnailles d’un troupeau et par les évocations des égarés, ce film est une traversée des tourmentes ; celles des montagnes et de l’hiver, des corps et des âmes, celles qui nous révèlent que ce que la nature ne peut obtenir de notre raison, elle l’obtient de notre folie."

Ici, un beau texte d'Eric Vidal sur le film, où sont convoqués les écrits ou les films de Jean-Christophe Bailly, Bruce Chatwin, Fernand Deligny, Vittorio de Seta, Béla Tarr... et un autre texte de Philippe Simon.

Pierre-Yves Vandeweerd est un cinéaste belge. Ses films s’inscrivent dans le cinéma du réel et ont été, pour la plupart, tournés en Afrique : en Mauritanie ( Némadis, des années sans nouvelles / Racines lointaines / Le cercle des noyés), au Sahara occidental (Les dormants / Territoire perdu), au Soudan (Closed district).
A la fois poétiques, philosophiques et politiques, ses films mettent en lumière les mécanismes de l’oubli et de la disparition, à partir de destins individuels et collectifs. (source)

vendredi 17 octobre 2014

Du son et des hommes


Ce vendredi 14 novembre à 20.00, les Maîtresses folles et les Jeunes filles présentent deux concerts au Cercle du Laveu, avec des hommes, une femme, un accordéon, une cornemuse, une vielle à roue, de la guitare et des cordes vocales.

La Baracande
En France, il existe un collectif de musiciens nommé La Nòvia. Archéologues sonores des traditions musicales du centre du pays, ils s'inspirent de celles-ci sans les lisser ou les folkloriser, évitant les pièges des fusions souvent gênantes des musiques dites « du monde ». Au contraire, ils puisent dans les danses et chants traditionnels d'Auvergne ou du Limousin ce qui résonne malgré le temps qui passe, ce qui remue les tripes, en bref ce quelque chose qui fait qu'il y a eu des hommes bien avant nous, que nous sommes toujours des hommes, et que nous pouvons nous rencontrer, par le biais du son et de la mélodie. Usant de vielles à roue, de cornemuses, mais aussi d'instruments modernes qu'ils amplifient parfois très fort, ils élaborent des morceaux hypnotiques, qui cognent, et appellent la transe.
La Baracande est une des émanations de ce collectif, construite autour du répertoire de chants, collectés durant les années 1950, de Virignie Granouillet, une dentellière auvergnate. Et l'interprétation de ce patrimoine aux sources médiévales sonne comme le rock psychédélique qu'on a longtemps rêvé, puissant, dramatique et gorgé d'histoires.

Basile Brémaud / chant
Pierre-Vincent Fortunier / cornemuse béchonnet 11 pouces, violon
Yann Gourdon / vielle à roue, boîte à bourdons
Guilhem Lacroux / guitare, lap steel

 
Ça s'écoute ici et ça se regarde par exemple .

Karine Germaix
L'accordéon ou le piano du pauvre a souvent eu mauvaise presse auprès des jeunes publics. Certains ont essayé de le sauver pour l'adapter à la sauce moderne, qu'on pense à la nouvelle chanson réaliste ou au projet Gotan, une espèce de fusion, qui n'en faisait que mettre en avant son côté folklo plutôt que mettre en valeur ses potentialités. C'est précisément « ceux qui ont tué le genre », qui, à l’âge de 18 ans, ont fait abandonner son instrument à la Bretonne Karine Germaix. Heureusement, grâce à l'intervention d'un ami qui lui montre qu'il y a autre chose, elle découvre les compositions de musique classique contemporaine qui ont été écrites pour l'accordéon, en premier lieu celles de la compositrice russe Sofia Goubaïdoulina.
Dans les concerts de Karine Germaix il y a une grande hésitation qui questionne ou séduit, entre la virtuosité impressionnante et une courageuse exploration qui tente de partir de zéro, entre l'instrument seul et le service qu'il veut rendre à la chanson, qui reste présente. Le tout forme un univers un peu sombre et mélancolique, mais proche et accessible, avec des lumières qui peuvent surgir aussi bien dans l'interprétation somptueuse de Piazzolla que dans l'écoute que la musicienne veut susciter.
(extraits d'un texte de C.Piette)


Ça s'écoute ici et se regarde par exemple .

Pour en savoir plus sur les origines de La Baracande, voir ici.


lundi 6 octobre 2014

L'âge d'or


On relaie l'annonce d'un festival passionné et défricheur dont la programmation promet d'ores et déjà de nombreuses pépites. Organisé à Bruxelles par la Cinémathèque "pour soutenir les films poétiques et subversifs", L'âge d'or s'associe cette année au festival exprimntl pour proposer "un espace où les frontières cinématographiques (entre le cinéma expérimental, les fictions décalées, les documentaires singuliers) sont enjambées et court-circuitées plutôt qu'acceptées et soulignées. Un festival de cinéma qui vibre par la foi qu'il a dans l'aura des images, dans la puissance de leur montage ou dans la juste durée de leurs plans, dans la force du son... ou du silence."
Pour découvrir en détails une programmation articulée autour du canevas livré ci-dessous, on clique ici.
On trouvera également des infos au jour le jour .

PRIX DE L'ÂGE D'OR
(23 films - de 3 minutes à 3 heures - en compétition)
'INTRODUCTION TO...'
BIRGIT HEIN / GUSTAV DEUTSCH / JOHN SMITH /
CHRISTOPH GIRARDET & MATTHIAS MÜLLER
/ FRIEDL VOM GRÖLLER / ROBERT TODD
GREGORY J. MARKOPOULOS
'ITALIA AVANGUARDIA' (1964-1975)
CARMELO BENE / PAOLO GIOLI / MARIO SCHIFANO / LUCA PATELLA
ALBERTO GRIFI & MASSIMO SARCHIELLI
POÈMES ETHNOGRAPHIQUES
RAYMONDE CARASCO / ROBERT GARDNER
HOMMAGES / RESTAURATIONS
STEPHEN DWOSKIN / ADOLFAS MEKAS

vendredi 15 août 2014

Face aux vents dominants


On fait suivre cette initiative de proximité :

Le service communication de Venice Beach vous propose un apéro-concert au sommet du terril Piron. LE 16 AOUT **17h00**
** Comme panorama: le bassin industriel Liégeois, le stade du Standard et la vallée de la Meuse.

** Comme siège: le terril Piron

/// /// SCHREIN (Allemagne)
Croisement parfait entre Albert Ayler et Lightning Bolt, ce trio de jeunes allemands démystifie l’idée de musique dissonante = musique chiante avec l’énergie du punk et la sensualité du métronome psychédélico-electro-acoustiqu
e. On imagine déjà danser la samba sur leurs airs de liberté cosmique, regardez le lien vidéo pour vous mettre dans la peau du jeune gourgandin décomplexé qui est en vous.
N.B : Connectés et/ou membres de la sphère psycho-psyché-freaky allemande : Meudiamorte Records, Datashock, Phantom Limbo – Gigs & more, Flamingo Creatures, Sun Worship, …

http://www.youtube.com/watch?v=RhaYBprDA14 http://www.youtube.com/watch?v=FEIKp0RokOQ http://shitschrein.tumblr.com/


/// /// R.O.T. (Belgique)

Emanation débridée d’une Belgique inondée par toute la scène indie conventionnelle allant du post-rock-machin au math-truc-chose, R.O.T a créé ce qu’il y a de plus excitant dans la musique libre. Symbole absolu de l’union de l’étrange et du beau, le collectif est d’une tendresse à tout craindre. Aussi à l’aise avec une balle de ping pong qu’avec des lecteurs à bandes timorés, leur expression musicale est formée du plus beau romantisme mélodique « à côté de la plaque » jamais entendu.

Peut-être plus important encore ( ?!), leurs membres ont été cruciaux à la construction de la scène alternative des années 90/2000/… avec e.a. le label Veglia, Dirk Freenoise, le Death Petrol, le Ptit Fays Festival, Buffle, la ferme du Biéreau, Grambacht, Partkdolg, Gangalai & Gourabai ETC.
Certifié présent à la fête : Floris Vanhoof, Laurent Cartuyvels.

http://www.youtube.com/watch?v=Zcm63BRNi5k

/// /// LINUS VANDEWOLKEN (belgique)

Linus Vandewolken, hommeliste, joueur de hommel -épinette des Vosges- jouera son premier concert à Liège ce samedi 16 août de l’an 2014. Après des années à avoir diverti sa famille, ce vieux baron à l’allure robuste et désenchantée, qui trouve l’inspiration dans les paysages flamands et la douceur de vivre, s’attaquera à son répertoire en public face aux vents dominants, à la santé du feu et de la flamme

https://hotelrustique.bandcamp.com/album/hr1409-hommel-op-aarde-ep

*** ACCES AU TERRIL par la fin de la rue des Grands Champs,4420 Liège. Vers le numéro 151 ***

*** PRIX LIBRE ***

*** 17h00 ***
 

jeudi 5 juin 2014

Vers les cimes (43)


La nuit fait peur. 
Pour preuve avec cet incipit d'un incroyable roman, L'annonce de Marie-Hélène Lafon (Buchet Chastel, 2009) :

"Annette regardait la nuit. Elle comprenait que, avant de venir vivre à Fridières, elle ne l'avait pas connue. La nuit de Fridières ne tombait pas, elle montait à l'assaut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s'insinuait, noyait d'encre les contours des choses, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait. Les phares des voitures et le réverbère de la commune la trouaient à peine, l'effleuraient seulement, en vain. Elle était grasse de présences aveugles qui se signalaient par force craquements, crissements, feulements, la nuit avait des mains et un souffle, elle faisait battre le volet disjoint et la porte mal fermée, elle avait un regard sans fond qui vous prenait dans son étau par les fenêtres, et ne vous lâchait pas, vous les humains réfugiés blottis dans les pièces éclairées des maisons dérisoires."

jeudi 27 février 2014

L'usage sonore du monde (24)


Ne pas avoir mentionné la publication du dernier disque de Marc et Olivier Namblard jusqu'à présent est un crime tant leurs prises de sons naturalistes dans les Cévennes sont fascinantes. Différentes captations de milieux, d'animaux, de phénomènes géophoniques y sont présentées et contribuent à une réflexion sur le paysage des Cévennes. Comme souvent avec les disques des Namblard, la distance entre le monde "sauvage" et l'homme est réduite par l'acte de l’enregistrement. Pour ne citer qu'un exemple parmi d'autres, on se retrouve ainsi, avec un peu d'imagination et les oreilles grandes ouvertes, au centre d'une carcasse dévorée par un groupe de vautours fauves et moines. Et on a rarement entendu le déferlement de la vie avec autant de puissance... Le double album est édité chez Kalerne.
Pour les personnes mobiles, curieuses et belges, Marc Namblard présentera ses travaux sonores et sa vision de l'audionaturalisme ce vendredi 28 février au "Point Culture" à Bruxelles, dans le cadre de la Semaine du son. Plus d'infos ici. Marc Namblard se produira également le samedi 1 mars au "Point Culture" de Liège à 18.00 (voir ici).
Pour rappel, on avait interviewé le monsieur il y a quelques temps. A lire .

samedi 16 novembre 2013

L'usage sonore du monde (21)







J'ai le plaisir de mentionner la publication du très beau magazine annuel Almanach Soldes #3. Ma contribution, illustrée par Philippe Lardy et Martha Rich (voir les deux dernières photos ci-dessus), revient sur l'audionaturalisme et le travail de Marc Namblard. En haut, la couverture et quelques feuillets de présentation de la revue. Une cinquantaine d'auteurs et d’illustrateurs ont contribué au volume et on y trouve, entre autres, des interviews de Frans de Waal (sur les primates et les origines de la morale), Frank Zappa, Christian Marclay... On y trouve aussi un manifeste de "Guerilla Gardening", des comics et bien d'autres choses. Pour ceux que ça intéresse, on trouvera ici un historique du magazine, dont une première mouture a vu le jour au début des années 1980 et a été adoubée par Andy Warhol ! Ça se trouve en librairie et ça se commande . Diverses soirées de lancement auront lieu à Paris (Point éphémère, Palais de Tokyo...), Bruxelles, Marseille... Pour le détail, voir ici.

mercredi 18 septembre 2013

Un nouveau nom


On portait un nom, bancal mais originel. Puis on en a changé, et il ne nous a jamais vraiment satisfait. Désormais, on prend ses "couilles en bandoulière" et on en choisit un qui nous rendra fier, qui fera de nos ascendances autre chose qu'une fatalité administrative et biologique un peu vilaine.
On a le choix :
Narcisse Pelletier
John Dunbar
Lucane cerf-volant
Buck London
Roches Douvres
Nehemiah Curtis James
Varlam Marshmallow
Domenico Scandella
No man's Land
Omar Devone Little
Roi Renaud
Oriolus oriolus
Louis-François Pinagot
Saule têtard
Lew Griffin
André Dufourneau
Joyful Noise
François d'Assise
Ange Filigrane
Joyeux Eparges
John Kaltenbrunner
Hamza el Din de Waremme
Abner Jay
Walden Résident
Jakob Lenz
Simon Sinnerman
Snorri le Godi
Cabeza de Vaca
Martin Riggs
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais
Janos Valuska
Luciole Satie
Bois de Cise
Fleur Maigre
Salangadou
Cheval de frise
Tristes Pontiques
...
(à compléter avant choix définitif et baptême)

vendredi 1 mars 2013

Lumière d'en bas


Écrire à propos d'un album en s'aidant du qualificatif enchanteur relève a priori du poncif. Avec Lumière d'en bas du duo Midget! (paru il y a quelques semaines sur We Are Unique Records) par contre, le terme est loin d'être galvaudé et doit être envisagé dans son sens littéral. Les morceaux sont en effet habités de zones d'ombre, de voix angéliques et de guitares pernicieuses. Curieux mélange, où folk anglo-saxonne, mélodie à la française et dérives instrumentales toxiques croisent le fer. Et il n'y aura pas de gagnant. Un très bel album donc, qu'on peut écouter ici et dont on découvrira la délcinaison scénique ce vendredi soir à l'An vert à Liège. Midget! comprend Claire Vailler et Mocke, ce dernier officiant également au sein d'Arlt qui, "c'est une joie", jouera aussi ce soir.

vendredi 25 janvier 2013

Some of these days


Un certain concert de décembre 2010 plus loin à l'ouest. Une expérience, enfin. Depuis, il se passe peu de jours sans que je pense aux Japonais de Maher Shalal Hash Baz, pour le meilleur... C'est donc un peu un rêve qui s'accomplit puisqu'ils joueront ce samedi 16 février à Liège (!), ce qui est déjà incroyable, mais en plus ils viennent avec Arlt (!!) et Le Ton Mité. Ils seront donc 13 (!) sur scène. Spasmes.


On a déjà pas mal rigolé en lisant la notice wikipedia du groupe, dont voici quelques extraits : 

Maher Shalal Hash Baz is the artistic alter ego of Tori Kudo, a Japanese naivist composer and musician. The name is taken from Maher-shalal-hash-baz in the Book of Isaiah verses 8:1 and 8:3, and translates roughly as "Hurrying to the spoil, he has made haste to the plunder." Maher-Shalal-Hash-Baz is also mentioned in the Book of Mormon in verses 2 Ne 18:1 and 18:3.
Tori Kudo has been cagy about details of his life before MSHB. He was once a member of a shadowy, revolutionary political party in Japan, although he has dissociated himself from politics since joining the Jehovah's Witnesses. He also works as a ceramicist.
Tori Kudo has resisted defining the sound of his band, although in an interview with Tim Footman in Careless Talk Costs Lives magazine (August 2002) he declared "I am punk." There are also elements of folk, psychedelia and free jazz; the band's tendency to ask members of the audience to join in adds a sense of danger in live performance. Perhaps the best description comes from his own sleevenotes to From a Summer to Another Summer: "Error in performance dominates MSHB cassette which is like our imperfect life."

mardi 11 décembre 2012

Retour (4)


Dans le cadre d'un dossier consacré aux "vinyl diggers", Field Recording L'usage sonore du monde en 100 albums est conseillé dans le numéro des Inrockuptibles qui sort ce mercredi !

lundi 10 décembre 2012

Toucher la lumière





Toucher de la lumière solide, s'immerger dans le brouillard et tenter coûte que coûte de s'échapper (d'une île, du monde, de la fatalité et de la circularité) sont trois activités proposées par la très alléchante soirée Smoke Signals au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles. Programme des réjouissances (issu du site de Bozar) de ce mardi 11 décembre ci-dessous et photographies du travail d'Anthony McCall en haut. Toutes les infos sont ici.

"Line Describing A Cone (Anthony McCall, 1973)
Home is The Sea - Up in Smoke (Manuel Padding, 2012, live!)
Island Monologue (Charlemagne Palestine, 1976)

Line Describing a Cone (ANTHONY McCALL, USA, 1973, 30’, 16 mm) est une œuvre fondamentale de l’expanded cinema, ce cinéma élargi qui tente d’aller plus loin que les usages du spectacle de cinéma habituel. Ce solid light film (film à lumière consistante ou matérialisée, selon les propres mots de McCall) propose une expérience poétique aussi forte que simple, transposant la magie du cinéma de la surface de l'écran au volume de la salle de projection, enjoignant les spectateurs à se mouvoir dans l’espace (et dans le brouillard) et à « toucher » le cône de lumière. The most brilliant case of an observation on the essentially sculptural quality of every cinematic situation? (P. Adams Sitney)

Avec Home is The Sea - Up in Smoke , MANUEL PADDING, musicien et artiste multimédia basé à La Haye, propose une performance audiovisuelle pour bandes magnétiques (audio et vidéo), projecteurs vidéo et machines à fumée. Une expérience immersive et quasi-existentielle. No up, no down, no sideways, just what is around us. The fog as space-time continuum where we exist and experience a complete life in a single moment.

Dans Island Monologue (USA, 1976, 15’, vidéo), CHARLEMAGNE PALESTINE tente désespérément d’échapper à l’épais brouillard qui enveloppe l’île de St-Pierre, au large du Canada - cette situation physique particulière fonctionnant comme une métaphore du confinement psychologique. Une oeuvre non dénuée d’humour, où la qualité pâteuse de la vidéo noir et blanc renforce encore l’épaisseur de la brume. Projection en présence de l’artiste."

samedi 8 décembre 2012

Retour (3)





Une belle recension de Field Recording sur Le son du grisli par Guillaume Belhomme. Merci à lui.

" Dans W2 [1998-2008], Eric La Casa Eric La Casacitait déjà Nicolas Bouvier et L’Usage du Monde : « Certains pensent qu’ils font un voyage, en fait, c’est le voyage qui vous fait ou vous défait. » Au tour aujourd’hui d’Alexandre Galand, ancienne plume du son du grisli mais plus encore docteur ès Maîtres fous (autre hommage qui trahit chez l’homme un goût pour l’ethnologie mêlant image et son) d’adresser une pensée à Bouvier – et à ses souvenirs de voyages recueillis sur Nagra dont traitait L’oreille du voyageur il y quelques années – dans le sous-titre de l’ouvrage qu’il consacre aux enregistrements de terrain : Field recording.
Presque autant que le monde dont Bouvier fit l’usage, le champ est vaste et divisé en plus en bien nombreuses parcelles (écologie, documentaire, création radiophonique, biographie, journalisme, musique…) : une grande introduction le rappelle, qui dit de quoi retourne l’exercice du field recording : à défaut de définition arrêtée, une description large qui explore trois grands domaines : captation des sons de la nature, captation de la musique des hommes et composition.
Passée une brève histoire de systèmes d’enregistrement que l’on peut emporter, voici que s’ouvre un livre que l’on dira « des Merveilles » pour évoquer un autre voyageur d’importance. Traitant de nature, l’anthologie raconte d’abord les enregistrements d’oiseaux de Ludwig Koch et donne la parole à Jean C. Roché. Traitant d’ethnomusicologie, elle insiste sur les enregistrements faits « sur le terrain » de chants à sauver à jamais de l’oubli (fantômes d’Alan Lomax et d’Hugh Tracey) et interroge Bernard Lortat-Jacob. Traitant enfin de musique, elle retourne à Russolo, Ruttman et Schaeffer, avant de mettre en lumière des disques signés Steve Reich, Luc Ferrari, Alvin Lucier, Bill Fontana, Eric La Casa, Kristoff K. Roll, BJ Nilsen, Aki Onda, Eric Cordier, Geir Jenssen, Laurent Jeanneau, Jana Winderen… et de laisser Peter Cusack expliquer ses préoccupations du jour.  
A l’image du « field recording », le livre est protéiforme, curieux et cultivé. Il est aussi l’œuvre d’un esthète qui ne peut cacher longtemps que l’idée qu’il se fait du « beau » a eu son mot à dire dans la sélection établie. Non moins pertinente, celle-ci profite en plus et en conséquence de citations littéraires – de Rabelais à Apollinaire – qui tombent toujours à propos. Comme le fera ici, en guise de conclusion, cette sentence de Victor Hugo qui inspira Pierre Henry : « Tout bruit écouté longtemps devient une voix. » "

jeudi 6 décembre 2012

Retour (2)


Très heureux de découvrir la belle affiche confectionnée à l'occasion de la rencontre qui aura lieu ce dimanche 16 décembre à la BeauHaus à Bruxelles. Toutes les infos sont ici
Pour le reste, vendredi passé, j'ai participé à L'atelier du son (France culture) en compagnie des musiciens Pali Meursault et Benjamin de Roubaix. L'émission sera diffusée le vendredi 14 décembre à 23.00, puis sera disponible en podcast. Toujours sur Radio France, le livre a été présenté dans le cadre de l'émission Glitch (Le Mouv'), voir ici. Autre lieu, autre temps, ce lundi 3 décembre, un reportage d'un peu plus de dix minutes a été consacré à l’ouvrage dans l'émission Magma de la Radio télévision suisse (RTS), à écouter ici.  
Le son du grisli a également relayé l'information en publiant le texte consacré à Resonant Spaces de John Butcher ici. Enfin, la deuxième séquence Archipel de l'émission Big Bang ! sur Musiq3 a été diffusée ce lundi soir. En voici le sommaire et le podcast. Et j'oubliais de mentionner la dernière fois que le Focus Vif avait consacré 4 pages au bouquin dans son numéro du 16 novembre...

lundi 5 novembre 2012

OVNIvins


Dès 20.00 :

+ Un dégustation de 7 vins : Nous aurons essentiellement des vins d'Ardèche (Le Raisin et l'Ange, Le Mazel, Les Deux Terres, Les Vigneaux, Andréa Calek…), d'Anjou (Jérome Saurigny) et de la Drome (Domaine Lattard).
+ Une Intervention solo de Christophe Auger, projecteur 16mm, film, lumière, objets.
+ Une Intervention solo de Jérome Noetinger, magnétophone à bande Revox, micro, objets.
+ Quelques films surprises ! (courts métrages en 16mm)

mardi 26 juin 2012

L'usage sonore du monde


Je suis très heureux d'annoncer la publication de mon livre le 15 novembre aux éditions Le mot et le reste. Pour plus d'infos, voir ici et ci-dessous, le texte de présentation de la (future) quatrième de couverture : 

Le chant de l’oiseau-lyre d’Australie, les vents de Patagonie, les flûtes sacrées Aré’ aré des Îles Salomon, les vibrations des bâtiments de nos villes ou les louanges exaltées des pêcheurs de perles de Bahreïn ne sont que quelques exemples des innombrables sons et musiques abordés dans cet ouvrage consacré à la pratique du field recording, de l’enregistrement de terrain. Tout au long du xxe siècle, des hommes ont parcouru le monde afin de capter des curiosités sonores pour des raisons scientifiques, patrimoniales et esthétiques. Ce sont des audio-naturalistes, des collecteurs de musique traditionnelle, mais aussi des compositeurs avides de découvrir un nouveau matériau musical. Les microphones sont leurs outils, voire leurs instruments, l’écoute est leur méthode d’approche. En sortant du studio, ils prennent le risque de se confronter à l’imprévisible, à l’incontrôlable, au fragile parfois. Ils se nomment Alan Lomax, Chris Watson ou encore Luc Ferrari. Cent disques rendent ici compte de leur quête, toujours en cours, du « chant du monde ». Une riche introduction et trois interviews de figures majeures du field recording (Jean C. Roché, Bernard Lortat-Jacob et Peter Cusack) complètent cette anthologie.

mardi 22 mai 2012

Les petits pois



Ce samedi, outre les films de Jean Painlevé, on pourra voir différentes curiosités dont cet incroyable Peas and Cues, réalisé en 1930 et récemment réédité par le BFI sur Secrets of Nature: Pioneering Natural History Films.