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mardi 23 septembre 2014

L'usage sonore du monde (28)


On recommande une nouvelle émission de France Musique intitulée Carnet de voyage et consacrée aux musiques de tradition orale. La parole y est donnée à des ethnomusicologues tels que Bernard Lortat-Jacob, dans une première émission passionnante. Pour ceux que ça intéresse, rappelons qu'un entretien avec cet ethnomusicologue spécialiste des polyphonies sardes est intégré dans notre livre Field Recording. L'usage sonore du monde en 100 albums.

mercredi 8 janvier 2014

L'usage sonore du monde (23)


On constate seulement l'existence de cette émission, diffusée le 20 octobre 2013 sur la radio suisse RTS dans le cadre du programme Musique d'avenir. Y sont lus des extraits du livre Field Recording. L'usage... en alternance avec des extraits musicaux. Bonne écoute.
Pour la photo, il n'y a pas de lien à chercher et c'est .

vendredi 3 janvier 2014

Paradigme indiciaire (15)


Le Polaroïd de Marie Richeux, c'est une fiction radiophonique courte, c'est une image sonore qui se dévoile peu à peu, c'est une insurrection de présence perpétrée contre l'utile. C'est aussi, souvent, le préalable à un entretien passionnant (avec, parmi des dizaines d'autres, Pierre Bergounioux, Bruno Latour, Georges Didi-Huberman...). Celui qu'on a transcrit ci-dessous (on l'espère sans trop d'erreurs) peut être écouté ici. Tous les jours de la semaine, Marie Richeux offre ainsi un Polaroïd à l'auditeur de France Culture, dans le cadre de son indispensable émission Pas la peine de crier. Et pour information, les Polaroïds ont fait l'année passée l'objet d'un recueil, d'ailleurs préfacé par Georges Didi-Huberman et publié chez Sabine Wespieser.

"Les hivers ne passent pas sans rien dire, c'est pas vrai. Pas sans traces. Sans rides faites à la pelle dans la joue de toi. Et aussi de toi. Et de toi encore au fond. 
Après la maison, il prend le chemin tracé au sol par une vieille bête cornue qui n'est plus vivante désormais, mais dont on se souvient encore. Et en prenant le chemin, on redit son nom. Et l'époque où elle dessinait le sol avec ses sabots revient. Il prend à droite au bout. La forêt dégage. Le ciel dégage. L'herbe et le sol dégagent. Ainsi que les moutons qui crochetaient tranquilles là où il y avait des trous.
Tout dégage.
Apparaît la pierre, mal maquillée et épaisse, et gorgée de son nom grave, et comme une pluie drue, méchante, s'imposant au rythme infernal du jet, c'est une demeure qui se voit alors. Et juste devant, une femme. Il reste désormais quelques pas. Il les fait. Les mains, chaque main, dans chaque poche, près des cuisses, où le tissu rassure. Elle est debout, comme toujours debout. Quand il vient, il cherche le souffle délicat. Elle penche la nuque, il prend la nuque. Elle penche la hanche, il prend la hanche. Il met sa paume à plat comme on attend les gouttes et les larmes. Elle met la plante de son pied, prend appui, il a son pied dans sa paume. Après c'est la mâchoire qu'il porte. Quand la femme se lève et s'étend en équilibre sur la main, c'est la mâchoire qu'il accompagne car c'est de là que viennent orages et orgasmes, ça se sait. Il la porte à bout de bras et elle est plus lourde qu'avant.
L'hiver ne passe pas sans rien dire, c'est faux. Sans traces profondes, sans poids qui s'ajoute. Et lui, devenu cathédrale de gestes empilés sur la pointe, lui aussi se fait grue maintenant, la saisit, la hisse. Tout dégagé le ciel, la saison, l'herbe, les arbres et les moutons qui crochetaient. Cette femme se hisse au rang des lueurs et tout autour comme un collier d'air qui n'appartient, ni ne tient, ni n'oublie les mains avec lesquelles il était venu."

lundi 14 janvier 2013

Retour (10)




1. Interview et recension dans le numéro 13 d'Obsküre Magazine. Une interview bonus est par ailleurs lisible ici. Ce n'est évidemment pas notre pomme qu'on voit sur le papier, mais bien celle de notre ami Fuzzy Dunlop, un lendemain de veille difficile, sur les hauteurs du site des Eparges...
2. Quelques extraits du livre ont été lus dans le cadre de l'hebdo radio Gacha Empega sur Radio Campus Besançon. On peut écouter ça ici.
3. Enfin, on remercie notre camarade Xavier et sa collègue Maria pour leur sympathique accueil de ce samedi. Invité pour intervenir au sujet du field recording (et de ses relations avec le cinéma) auprès d'étudiants de bac 2 de l'Ecole de recherche graphique à Bruxelles, j'ai passé une bien bonne après-midi.

dimanche 30 décembre 2012

Retour (7)





Ce vendredi, l'émission Tapage Nocturne à laquelle j'ai été invité a été diffusée sur France Musique. En voici le podcast et la page de présentation. La partie nous concernant commence à +/- 40 minutes. La chronique du livre par Eric Serra est reproduite ci-après. 
Et ci-dessus, rien à voir, mais les cyanotypes de plantes d'Anna Atkins (1799-1871) nous enchantent particulièrement. Pour les références, aller voir ses livres British Algae: Cyanotype Impressions et Cyanotypes of British and Foreign Ferns

"La chronique du livre d'Alexandre Galand
Field Recording L'usage Sonore du Monde en 100 albums un livre d'Alexandre Galand édité aux Editions Le Mot et Le Reste

"Le Field Recording si nous employons souvent cet anglicisme dans le monde musical je vous avoue qu'a chaque fois elle me gêne un petit peu. Bien sûr les habitués savent de quoi il retourne mais cette terminologie empruntée englobe tant de choses qu'on ne peut pas savoir, sans autres précisions, de quel type de sons, de bruits ou de musiques il est question. J'ai toujours considéré que, par opposition avec les musiques créées par l'homme, on pourrait peut-être parler de musiques du réel, celles des sons de la nature ou des villes avec tout ce qu'elles peuvent comporter comme diversité, avec ou sans une présence humaine en arrière plan, avec ou sans celle d'objets sonores. Mais Alexandre Galand présente fort bien, sur plus de 300 pages, une vision très large du field recording qui inclue les enregistrement de voix, de chants et de danses. Vous y retrouverez donc dans le descriptif de cette discipline : Le travail d'audio-naturalistes, d'ethno-musicologues, de compositeurs de musique ainsi qu'une sélection (qui a du être un véritable casse-tête tant la discographie est énorme) d'une centaine de disques de références agréablement chroniqués. Tout cela est complété par une liste annexe de plus de 200 albums, une bibliographie et pas mal d'adresses de sites internet. Le voyage sonore est sans fin : Du Weather Report de Chris Watson qui nous emmène au Kenya, en Ecosse, en Islande, Douglas Quin qui enregistre les grands silences de l’Antarctique, les magnifiques disques de chants d'oiseaux réalisés par Jean Roché, Akin Fernandez qui nous fait découvrir de très mystérieux messages captés sur les ondes courtes, les compositions de musiques concrète de Michèle Bokanovski, de Pierre Henry, de Luc Ferrari ou de Moondog qui utilisent tour à tour les sons du cirque, de la ville ou du quotidien, le Mali enregistré par Martine Tucker, les flûtes du Rajasthan par Genevièvre Dournon... Ce livre est une mine d'une richesse et d'une diversité sonore passionnante et plus attrayante que la plupart des catalogues d'agences de voyages. Pour illustrer cet ouvrage, je vous propose d'entendre un petit mixe de sons de fauves et d'orage enregistrés au Kenya par Chris Watson au Kenya suivis de joueuses de Luth enregistrées aux Philippines par Boris Lelong pour l'association Altamira et quelques conversations captées sur les ondes et mises en musique par paddy McAloon sur son magnifique album intitulé I Trawl the Megahertz." (Eric Serva pour France Musique - décembre 2012)"

jeudi 6 décembre 2012

Retour (2)


Très heureux de découvrir la belle affiche confectionnée à l'occasion de la rencontre qui aura lieu ce dimanche 16 décembre à la BeauHaus à Bruxelles. Toutes les infos sont ici
Pour le reste, vendredi passé, j'ai participé à L'atelier du son (France culture) en compagnie des musiciens Pali Meursault et Benjamin de Roubaix. L'émission sera diffusée le vendredi 14 décembre à 23.00, puis sera disponible en podcast. Toujours sur Radio France, le livre a été présenté dans le cadre de l'émission Glitch (Le Mouv'), voir ici. Autre lieu, autre temps, ce lundi 3 décembre, un reportage d'un peu plus de dix minutes a été consacré à l’ouvrage dans l'émission Magma de la Radio télévision suisse (RTS), à écouter ici.  
Le son du grisli a également relayé l'information en publiant le texte consacré à Resonant Spaces de John Butcher ici. Enfin, la deuxième séquence Archipel de l'émission Big Bang ! sur Musiq3 a été diffusée ce lundi soir. En voici le sommaire et le podcast. Et j'oubliais de mentionner la dernière fois que le Focus Vif avait consacré 4 pages au bouquin dans son numéro du 16 novembre...

jeudi 22 novembre 2012

Retour (1)


Apparemment, le livre Field Recording. L'usage sonore du monde en 100 albums arrive peu à peu dans les librairies... Ce matin, il était sélectionné comme 'coup de cœur' dans la Matinale de France Musique, ce qui nous réjouit ! A écouter ici après 21 minutes. Concernant Radio France, deux émissions consacrées au livre seront bientôt enregistrées pour une diffusion en décembre : L'atelier du son sur France Culture et Tapage nocturne sur France Musique. Dates, heures de diffusion et liens de podcasts seront fournis en temps voulu. Pour ceux que ça intéresse, une première séquence Archipel dans l'émission Big Bang! (sur Musiq3) a été dévolue aux deux premières parties du livre. On y entend des enregistrements de Ludwig Koch, Marc Namblard et Steven Feld ainsi qu'une polyphonie formosane. Une seconde séquence sera diffusée lundi 3 décembre. Enfin, dimanche soir, de 20.30 à 22.30, je serai sur Radio Campus pour la super émission MU. Le lien de podcast suivra également.

dimanche 16 septembre 2012

L'usage sonore du monde (6)





Un des expériences radiophoniques les plus jubilatoires et généreuses écoutées (à de nombreuses reprises) ces derniers temps s'appelle les Nuits de la Phaune. Initié en 2008 au sein de Radio Grenouille (Marseille), ce "parcours radiophonique sauvage" se donnait pour objectif de faire s'entrechoquer "Musiques obliques, sons horizontaux, samplé-collés, mixs à plumes et à paillettes, sciences et détournements, biotopes imaginaires, radio augmentée, espèces et voix d’apparition, eartoys, stretching temporel…" 
Sept programmes (intitulés notamment 'Bruits de fonds et remise en forme aquatique' ou 'Bestiaire cosmique et exploration spatiale') de six heures chacun, séparés en plusieurs segments thématiques, font ainsi alterner field recording, chanson et musique pop délirante avec extraits de documentaires et lectures d'ouvrages finement choisis. Humour, éclectisme et exigence artistique se mettent au service de l'imaginaire et de la curiosité de l'auditeur. On y entend ainsi, pêle-mêle, des enregistrements de Chris Watson, Fernand Deroussen ou Jean C. Roché, mais aussi Lana del Rey (réinterprétée par Donald ?), Sun Ra, The Residents et Joe Dassin, Alva Noto, Bernard Parmegiani et Wolf Eyes, lectures de Borges, Foucault et Volodine... 
Ces nombreuses heures de voyage sonore s'écoutent en ligne (ou se téléchargent) ici. On trouve également sur ce site plus d'infos, y compris les play-lists. Ici enfin, une interview de Floriane Pochon et Amélie Agut, les deux initiatrices (avec Tony Regnauld) du projet.

mardi 2 mars 2010

L'art de la radio

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C'est grâce à l'excellent label Ouïe dire (dont j'ai déjà parlé ici et ) que j'ai découvert le nom de Yann Paranthoën. Ce "tailleur de son" est considéré comme un des plus dignes représentants de la création radiophonique française du siècle passé. On lui doit des portraits de traqueurs de sangliers, des "mangeurs de pommes de terre", de coureurs cyclistes... Je n'ai bien sûr pas entendu tout son travail, mais l'aperçu qu'en donne Le phare des Roches Douvres (1996, édité en 2005) est plus qu'enthousiasmant.
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Le preneur de son a passé plusieurs jours dans ce phare de la Manche, qui est le plus éloigné des côtes françaises, à environ 40 km du littoral. Il y a enregistré les témoignages de ses occupants, de la compagne du gardien, mais aussi les ambiances de ses différentes parties. Son montage, sur près de deux heures, fait montre d'une grande sensibilité et d'une volonté d'aller au-delà du témoignage humain, aussi intéressant soit-il. Ainsi, comme l'indique le gardien François Jouas-Poutrel : "Le personnage principal de la pièce de Yann, c'est le phare. C'est un phare unique en son genre, c'est un monstre, il est gigantesque, immense. Rien que la partie habitation, c'est l'équivalent d'un petit immeuble de cinq étages, c'est la folie. C'est presque trop grand pour le boulot. C'est aussi le phare le plus éloigné des côtes de toute l'Europe. Il a un côté mythique, gigantesque et démesuré. Cet aspect-là passe dans la pièce de Yann."
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Aux éditions Phonurgia Nova, deux beaux objets démontrent encore l'importance de Yann Paranthoën pour cet art trop souvent méconnu : le livre L'art de la radio (rassemblant témoignages et analyses de Jean-Yves Bosseur, Dominique Petitgand..., ainsi que CD et DVD sur Paranthoën) et le disque Lulu (établissant un superbe portrait de Lucienne Virgoulay, femme de ménage à la Maison de la Radio à Paris en 1988).
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Afin de découvrir plus avant cet art de la radio, deux pistes : l'Atelier de création radiophonique (émission hebdomadaire sur France Culture) et l'Atelier de création sonore radiophonique (plate-forme bruxelloise organisant formations, conférences, concours....)
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mercredi 11 février 2009

A l'improviste

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Plusieurs émissions très intéressantes de Radio France sont écoutables en ligne. "A l'improviste" (sur France Musique) est une de mes favorites car elle rend compte chaque semaine de la richesse des musiques improvisées. Chaque émission est l'occasion d'explorer l'oeuvre d'un musicien ou d'un groupe via l'écoute de morceaux, la plupart du temps enregistrés live, et/ou des interviews. Souvent aussi, des concerts, captés en festival ou en salle dans toute la France ainsi que dans les studios de Radio France, sont retransmis dans leur intégralité. Cette semaine, on peut ainsi écouter le concert du Barry Guy New Orchestra enregistré le 24 janvier dernier lors du Festival « SONS D’HIVER ». Par le passé, des émissions ont été consacrées à Barre Philips, à Malcolm Goldstein ou encore au Globe Unity Orchestra. En général, les quatre derniers programmes sont archivés et toujours écoutables en un clic. En espérant que ce type de service public, de plus en plus rare, perdure et essaime...
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L'Accord Final (1981) (photo ci-dessus, issue du site de l'artiste) est une oeuvre d'Arman.
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