mercredi 17 juin 2009

Dompter des chevaux

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Well I rode out to the ocean
And the water looked like tarnished gold
I rode out on a broken horse
Who told me she'd never felt so old
She asked me if I'd feed her
And ride her now and then
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No no no, no no no, no no no,
I break horses
I don't tend to them
I break horses
They seem to come to me
Asking to be broken
They seem to run to me
I break horses
Doesn't take me long
Just a few well-placed words
And their wandering hearts are gone
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At first her warmth felt good between my legs
Living breathing heart-beating flesh
But soon that warmth turned to an itch
Turned to a scratch
Turned to a gash
I break horses
I don't tend to them
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Tonight I'm swimming to my favorite island
And I don't want to see you swimming behind
Tonight I'm swimming to my favorite island
And I don't want to see you swimming behind
No I break horses
I don't tend to them
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Smog, I break horses (Drag City, Kicking a couple around, 1996 et Accumulation : none, 2002)
La version 1996 ici. Pas d'infos sur la photographie ci-dessus.
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mardi 16 juin 2009

Groove et tellurisme

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Avec la musique, ce qui est parfois décourageant, mais le plus souvent terriblement enthousiasmant, c'est que l'on sait que l'on n'épuisera jamais un genre ou même un sous-genre. Il y aura toujours des pépites, des groupes extraordinaires (évidents pour certains, moins pour d'autres) à dénicher. Par exemple, dans l'immense galaxie free jazz, les probabilités d'émerveillement sont nombreuses. En effet, la liberté et la radicalité de cette musique ont souvent exclu ses créateurs de l'histoire officielle, nous empêchant du coup de les découvrir avec facilité. Cette difficulté n'est pas forcément une mauvaise chose : elle donne du goût et une histoire à notre révélation. Ces derniers temps pourtant, le travail de réédition de certains labels ou la mise à disposition sur des blogs mp3 permettent de passer outre ces problèmes d'accès.
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Ces jours-ci, j'écoute beaucoup le saxophoniste Idris Ackamoor, dont le travail a été à nouveau révélé par l'excellent label japonais EM Records sous le titre Music of Idris Ackamoor 1971-2004. Les deux CDs comprennent essentiellement des pièces enregistrées durant les années 1970 avec les premiers groupes d'Ackamoor, The Collective et The Pyramids (3 albums à l'actif de ce dernier : Lalibela, 1973 - photo ci-dessus -, King Of Kings, 1974 et Birth, Speed, Merging, 1976). Cette musique est dévastatrice. Free jazz cosmique, percussions africaines, rythmiques funk et chants tribaux convolent pour créer un groove tellurique et essentiel. Sons de cloches entêtants, drones et envolées lyriques de saxophone participent à l'hypnose et à l'ivresse. Cette démarche de syncrétisme fait parfois penser à des aficionados d'un free jazz psychédélique contemporain tels que Valério Cosi, Neokarma Jooklo Trio ou certaines formations scandinaves comme Kemialliset Ystävät. En amont, elle dérive évidemment des pas de côté magnifiques de Sun Ra, Pharoah Sanders, Don Cherry ou de l'Art Ensemble of Chicago. Idris Ackamoor a fondé en 1979 la compagnie artistique Cultural Odyssey.
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lundi 15 juin 2009

Ruffian, photos et altitude

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Dorénavant, les photographies de concert (et d'autres, on l'espère) du camarade Ruffian volant seront postées sur le blog Flight of the Ruffian. Ca commence fort avec John Butcher, Charlemagne Palestine et Omar Souleyman. Bientôt, l'ICP Orchestra. On lui souhaite une bonne route !
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vendredi 12 juin 2009

L'argent

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Une sélection parmi la cinquantaine de plans centrés sur des mains dans L'argent de Robert Bresson (1983). Quand la mise en scène raconte vraiment... Gestes quotidiens, gestes de mort, gestes d'échanges, gestes de rejet...
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mercredi 10 juin 2009

Instant Composers Pool

Han Bennink et Misha Mengelberg, 1997 (photo : Francesca Patella, source : site web de l'ICP Orchestra)
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Les années 1960 voient fleurir en Europe un mouvement musical qui n'a eu de cesse depuis de s'amplifier et de se renouveler : celui de l'improvisation libre. Si cette pratique existe depuis la nuit des temps, elle n'aura atteint son paroxysme et sa conscientisation qu'à cette période, notamment sous l'influence du free jazz afro-américain, des expérimentations de la musique contemporaine (sérielle, spectrale, minimaliste, électro-acoustique...) et d'avant-gardes artistiques comme Fluxus. D'emblée, cette mouvance s'internationalise, avec des ramifications en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Scandinavie ou en France.
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Les Pays-Bas ne sont pas en reste. En 1967, le batteur Han Bennink et le saxophoniste Willem Breuker sortent l'album New Acoustic Swing Duo, la première sortie du label ICP (Instant Composers Pool). Cette structure qu'ils gèrent avec le pianiste Misha Mengelberg perdure encore aujourd'hui. Le nom du label, ICP, sonne comme un manifeste, puisqu'il définit l'improvisation comme une "méthode" de composition, qui se déroulerait dans l'instant de la rencontre musicale et se passerait donc de partition. Une telle manière n'induit pas un laisser-aller technique et/ou un hermétisme froid, comme pourraient le supposer certaines oreilles non averties, mais au contraire exige de la virtuosité, une capacité à surprendre et à puiser en soi nombre d'expressions et variations sonores sensibles et subtiles. Très vite, Bennink et Mengelberg deviennent les deux principaux animateurs du label, Breuker s'en éloignant pour se consacrer à son Kollectief.
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Les disques de l'ICP comportent un personnel changeant, du duo de Bennink et Mengelberg dans sa forme la plus élémentaire à des formations étendues, accueillant parfois des musiciens étrangers comme John Tchicai, Derek Bailey ou Dudu Pukwana (du mythique groupe de free d'origine sud-africaine les Blue Notes). Dans sa forme actuelle, l'ICP Orchestra accueille, outre les fondateurs Han Bennink et Misha Mengelberg, nombre de musiciens prestigieux, hollandais mais aussi anglais, américains et allemands : les saxophonistes Ab Baars, Michael Moore et Tobias Delius, le contrebassiste Ernst Glerum, le trompettiste Thomas Heberer, le violoncelliste Tristan Honsinger, la violoniste Mary Oliver et le tromboniste Wolter Wierbos. La liste des collaborations de tous ces artistes est trop longue pour être rappelée ici. Cette page du groupe en donne une idée plus nette.
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Par rapport à d'autres Big Bands d'improvisation européens, comme le Globe Unity Orchestra d'Alexander von Schlippenbach, le Barry Guy New Orchestra ou le London Improvisers Orchestra, l'ICP Orchestra se distingue par un attachement à certains incunables de l'histoire du jazz comme Thelonious Monk ou Herbie Nichols et par une volonté d'introduction de l'humour dans ses performances musicales. Ceci explique le sous-titre "Jazz + Classical Music + Absurdism" du livre New Dutch Swing de Kevin Whitehead (Billboard Books, 1998, réédité en 2000).
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L'ICP Orchestra se produira ce samedi 13 juin au CC de Maasmechelen. Le vendredi, Misha Mengelberg jouera en compagnie de la violoncelliste Frances-Marie Uitti avant de céder la place au pianiste Tomoko Mukaiyama. Ici, on peut voir le groupe reprendre le Criss Cross de Monk et là, collaborer avec le saxophoniste Anthony Braxton en 2006.
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lundi 8 juin 2009

Temps du rêve et désolation

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Ces aborigènes entourés de canettes de bière vides se saoulent pour atteindre le "temps du rêve", cette dimension qui, selon leurs croyances ancestrales, se développe en parallèle avec le temps et le précède.
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dimanche 7 juin 2009

Offrande musicale

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Après les concerts explosifs d'Omar Souleyman et Group Doueh à Hasselt, ce week-end continue sous le signe d'un des meilleurs labels actuels : Sublime Frequencies. Ces dernières années, ce dernier a oeuvré plus que tout autre à la reconnaissance de ces musiques bâtardes, du monde entier, qui naissent de la collision de la pop occidentale avec des pratiques sonores régionales. Cet intérêt s'est notamment traduit par l'apparition de blogs mp3 rendant disponibles des centaines de productions obscures, K7s, Lps ou CDs, dont la distribution n'est bien entendu pas assurée dans nos régions. Le travail de ces glaneurs passionnés permet de découvrir des pépites qui, sans eux, seraient sans doute restées enfouies à jamais. Il faut évidemment dériver et parfois trébucher dans ce labyrinthe musical, repérer les blogs où la qualité de ce qui est posté prime la quantité, se laisser tenter par une pochette de disque...
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Je connaissais déjà les excellents Global Groove ou Awesome Tapes from Africa, déjà référencés ici même. Grâce à une personne bien intentionnée, je découvre ces jours-ci Monrakplengthai consacré exclusivement à des productions thailandaises et Music from the Third Floor à des bandes sons de Bollywood. Tous ces sites comprennent des liens vers d'autres blogs du même type. A chacun de faire son chemin...
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vendredi 5 juin 2009

Dabke 2020

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Après 2000, le nombre 2020 est à la mode. On s'en fiche. Ce samedi soir, le plus important est de rejoindre le Belgie à Hasselt afin d'y assister aux concerts d'Omar Souleyman (Syrie) et de Group Doueh (Sahara) lors d'une soirée consacrée au label Sublime Frequencies. En espérant que le groove du désert nous inspire les bons pas de dabke...
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La soirée comprendra également la projection du documentaire Palace of the Winds d'Hisham Mayet et un dj-set de ce dernier en compagnie de Mark Gergis et Alan Bishop. Les albums Dabke 2020 d'Omar Souleyman et Treeg Salaam de Group Doueh viennent tous juste de sortir sur Sublime Frequencies.
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mercredi 3 juin 2009

"Parti de rien, arrivé nulle part"

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Au détour d'un rayon de librairie, il m'arrive d'être interpellé par des détails à première vue insignifiants. Avec Jérôme de Jean-Pierre Martinet (Finitude, 2008), il s'agit d'abord de cette image d'un monstre issu de l'imaginaire du peintre Jérôme Bosch. Ensuite, une fois passées les références impressionnantes de la quatrième de couverture (Dostoïevski, Joyce, Céline), je tombe sur une citation d'un roman qui devrait forcer l'attention de tout chercheur de vérité en littérature : Pétersbourg d'Andréi Biely (L'Age d'Homme). Placer un tel monument en exergue de son ouvrage et citer Faulkner et Bernanos dès les premières pages traduit une ambition presque démesurée.
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Si Martinet n'égale pas ses maîtres, son roman est incontestablement une déflagration atypique dans les lettres françaises des années 1970 (Jérôme est paru une première fois aux éditions du Sagittaire en 1978). Depuis, l'ouvrage avait été quasi oublié, entre autres suite au sombre destin de l'auteur. Après des débuts peu convaincants dans le métier du cinéma, Jean-Pierre Martinet se consacre à l'écriture, mais rencontre peu de succès, notamment à cause de la noirceur extrême de ses récits. Plus tard, miné par l'alcool, il retourne vivre chez sa mère et meurt hémiplégique à l'âge de 49 ans. Dans une rubrique nécrologique rédigée de son vivant, il écrit : "Parti de rien, Martinet a accompli une trajectoire exemplaire : il n'est arrivé nulle part."
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Le roman raconte la dérive de Jérôme Bauche (voir la référence au peintre flamand de la couverture), antihéros obèse, innocent et meurtrier, dans une ville hallucinée et hallucinante, à mi-chemin entre Paris et Saint-Pétersbourg. Si l'action se résume à peu de choses (les 100 premières pages racontent la discussion animée de Jérôme et son voisin Monsieur Cloret, puis le meurtre de ce dernier), tout l'intérêt de l'ouvrage réside dans une langue violente et rythmée qui alterne dialogues et monologues intérieurs logorrhéiques. Tous les personnages sont des excentriques, des pervers, toujours sur le point de basculer dans la folie furieuse. Ils incarnent une vision de l'humanité désenchantée, mais extrêmement drôle, tant le verbe et l'ironie de Martinet sont dévastateurs. Vénéneux et essentiel.
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Ci-dessous, les premières lignes du roman. Pour aller plus loin, l'intégralité du premier chapitre est disponible sur le site de l'éditeur.
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"Solange me répétait souvent, ces derniers temps, comme à peu près chaque année vers la mi-avril, qu’il allait falloir bientôt se méfier de la douceur de l’air. Surtout ne pas s’abandonner, ne pas se laisser aller à la nostalgie de l’amour et des caresses, car alors on est foutu. Foutu, tu comprends, Jérôme ? Elle aimait me parler cachée derrière les vieux rideaux en velours vert de la salle à manger. Sa voix ne me parvenait qu’assourdie, lointaine, comme celle d’une morte déjà, mais chaque mot se gravait dans ma mémoire. Oui, poursuivait-elle, mieux vaut respirer l’odeur infecte des canaux, eux au moins, avec leur eau croupie et toutes les saloperies qu’elle charrie, ne mentent pas. Que le printemps crève, qu’il ne revienne jamais. Monsieur Cloret s’est tourné vers moi et m’a demandé sur un ton faussement détaché si j’avais fini de me moquer de lui et de sourire stupidement aux anges. Comme je ne répondais pas, il m’a regardé longuement sans rien dire, au début avec une certaine indulgence, puis de plus en plus froidement, sans parvenir à masquer sa haine. Alors, toutes les fleurs noires, là-bas, dans les champs, sous les troènes, se sont mises à trembler de rage. Il tortillait nerveusement sa moustache, elle rebiquait légèrement vers le côté droit, et cela me donnait une folle envie de rire, vers le côté droit, ou gauche, je ne me souviens plus très bien, comme un crochet ou un doigt méchamment recourbé pour griffer, et si sa moustache avait rebiqué des deux côtés à la fois, on aurait dit un fer à cheval ou une petite barque qu’il aurait maintenue en équilibre sur sa lèvre supérieure, une petite barque d’un jaune délavé, vraiment ridicule, alors j’ai éclaté de rire car une odeur de gaufrettes chaudes entrait par la fenêtre."
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D'autres romans de Jean-Pierre Martinet viennent d'être réédités : Ceux qui n'en mènent pas large (Le dilettante, 2008) et L'ombre des forêts (Petite Vermillon, 2008). Ici, une introduction à l'univers de l'écrivain par son ami Alfred Eibel.
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